Napoléon 1er modifia les règles juridiques des français en instituant le code civil, mais aussi un nouveau code du commerce.
C'est alors que partout en France, des familles purent commercer.
C'était encore l'époque où le patrimoine pouvait se transmettre d'une génération à l'autre. Aussi, 2 ou 3 générations après, des familles s'étaient suffisamment enrichies pour faire construire de magnifiques demeures. C'était l'époque de Napoléon III, des boulevards Haussmann à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille,..., c'était l'époque de Victor Hugo, Balzac, Jules Vernes, ... L'époque de Napoléon III fut très riche sur le plan des arts.
A Millau, c'est en 1860, que Gustave Solanet, riche gantierfît construire une réplique de son hôtel particulier de l'avenue Hoch à Paris.
L'aristocratie locale vivait au Château de Creisseils, tout proche, et à la Cadenède, une ferme fortifiée du XIII ème siècle, désormais au pied du viaduc de Millau.
Gustave Solannet appartient à cette bourgeoisie enrichie qui tient à montrer sa puissance.
Alors que l'aristocratie vit dans des bâtisses anciennes, de style médiéval, avec un confort très rustique, en rapport avec la campagne, la bourgeoisie affiche un art de vivre élégant avec un raffinement inouï.
Par trains entiers, Gustave Solanet fait venir des pierres de Bordeaux. Elles sont stockées pendant 2 années à Millau pour être certain qu'elles résisteront au gel de l'hiver.
L'hôtel particulier de Gustave Solanet devînt la résidence la plus prestigieuse de la région. Il y voulût une atmosphère de luxe et contribuer ainsi au bien être des visiteurs. Les prestigieux invités déambualient dans les salons de rencontre ou de réunions.
On y réalisa dans cet hôtel particulier, des prouesses de technologie. Notamment, certains lustres, de la taille d'un homme debout, descendent avec aisance des plafonds, grace aux systèmes de rouages cachés dans des boisseries, la fermeture de volets qui protège un vitrail de 4 mètres de haut répond, elle aussi, à une savante mécanique, ...
Gustave Solanet avait une fille qui devînt religieuse. Aussi, la Musardière ne fût habitée que par 2 personnes pendant 30 ans.

Photo transmise par Jurgen Marks : Gustave Solanet

Photo transmise par Jurgen Marks : Gustave Solanet
Par la suite, La Musardière conserva son statut d'hôtel particulier pendant très longtemps.
Cet hôtel particulier fût rarement transmis par héritage. Ses habitants l'ont souvent habité toute leur vie, avec stabilité, mais, faute d'héritiers, cette demeure a souvent été vendue à des tiers.
Dans l'histoire récente, le dernier couple qui habita la Musardière décéda sans enfant. La maison fut transmise à leur neveu, célibataire.
Un célébitaire habita donc seul, cet hôtel particulier.
Certains membres du Rotary Club s'en souviennent encore puisqu'il faisait plutot froid pendant les réunions. Ce célibataire de près de 2 mètres, ne devait chauffer que quelques pièces de cette immense maison.
Puis, La Musardière fût vendue à un nouveau couple, qui ne l'habita jamais. Madame trouva la maison trop grande. Ce couple habita donc, dans un autre hôtel particulier de Millau, moins spacieux.
Après quelques années, ce couple qui n'habita jamais à La Musardière, décida de contacter la mairie de Millau pour transformer l'hôtel particulier en blibliothèque. La mairie déclina l'offre.
La Musardière fut alors vendue pour 500.000 Francs aux époux Canac.
Madame et monsieur Canac, avaient des parents hôteliers à Millau, place du Mandarous (L'hôtel du Commerce).
Madame et monsieur Canac exploitaient déjà un hôtel 3 étoiles (La Muse et le Rosier) dans les gorges du Tarn, toutes proches.
C'est sans une grande conviction qu'ils prirent la Musardière puisqu'ils avaient déjà un autre établissement de haut standing pour l'époque, qui leur donnait toutes satisfactions.
De la Muse, ils donnèrent le nom de Musardière à leur nouvel établissement.
Ils ouvrirent, tout d'abord le restaurant.
Ce nouveau restaurant devînt très vite une adresse remarquée. Le guide Michelin décerna une étoile. Et, la clientèle venait de très loin manger à la Musardière. Sa réputation s'étendait jusqu'à Montpellier, Béziers ...
Madame Canac entrepris alors des travaux pour créer l'hôtel.
L'hôtel répond aux normes des 4 étoiles luxe, mais, les époux Canac se contentent de demander le classement en 3 étoiles.
Toutefois, l'établissement faisait partie de la chaîne "Relais et châteaux".
La Musardière devînt le théâtre de situations dignes des romans d'Agatha Christie.
Par exemple, une contesse avait son coffre fort dans une des chambres qu'elle n'avait pris que pour venir manger au restaurant. Le coffre fort est toujours resté à la Musardière.
Les personnalités les plus diverses ont séjourné à la Musardière : artistes renommés, sportifs de haut niveau, hommes politiques, ... La Musardière reste pour eux une adresse d'exception. Certains ont voulu témoigner de leur passage, pourtant, la Musardière souhaite garder toute la simplicité de sa condition, et souhaite accueillir les gens sans cérémonie.
Madame Canac obtînt le 1er prix de l'accueil dans la catégorie des "Relais et châteaux". Cette distinction est restée ancrée dans l'âme de la Musardière, c'est le vrai luxe de la Musardière.
Après le décès de monsieur Canac, madame Canac continua un temps, puis pris sa retraite.
L'établissement ferma.
Il se délabra et s'endormit alors que tout ce qui en donnait son lustre disparaissait peu à peu.
Puis un jour, la porte cochère s'ouvrit grinçante et récalcitrante sur un jeune couple qui s'aventura sous les premiers plafonds voûtés de 7 mètres de haut du porche.
Sous ce porche, ils gravirent les premiers escaliers encombrés de débris, et découvrirent un hall encore plus haut, deservi par un escalier monumental. Alors, une fois tombés amoureux de cette bâtisse de 5 niveaux qui croulait sous les toiles d'araignées, s'engagèrent dans des travaux de réhabilitation dignes d'un mécennat.
Il ne resta bientôt plus un seul centimètre carré qui échappa aux travaux, pour d'une part, redonner l'éclat d'autrefois, mais aussi répondre aux exigences des normes d'aujourd'hui. Les corniches des plafonds en bois sont restaurées. Hélas, c'est pendant ces travaux que la pluspart des cheminées ont été volées. Les quelques éléments qui restent de celle du salon de musique, aujourd'hui c'est dans cette pièce que l'on prend son petit déjeuner, témoignent de la beauté qu'avaient ces cheminées. Le plateau de marbre blanc, sculpté est sensuel, il témoigne d'une époque toute en rondeurs. Et les céramiques qui restent, rappellent que les cheminées avaient aussi un rôle utile, en plus d'être jolies.
Le mobilier n'a pas échappé à la disparition. Seules quelques armoires ont été sauvées parce quelles ne passaient pas au travers des portes.
Depuis, la Musardière se relève peu à peu de ses épreuves.
Bertrand DEBIOSSAC arrive en mai 2005. Il entreprend alors un grand nettoyage des caves aux greniers, et une révision complète des installations techniques, il fait rénover le mobilier d'époque et certains parquets, il remeuble les salons, la salle de restaurant, et les chambres dans l'esprit de ce qu'avait été autrefois la Musardière. Il y fait installer le wi fi et les salles de séminaires disposent désormais de toute la technologie moderne.
Tout est prêt pour répondre aux attentes de qualité d'une clientèle exigeante avide de discrétion mais sans contraintes. Ceux qui découvrent cet endroit ne s'y trompent pas, ils savent qu'il n'existe pas meilleure adresse à des kilomètres à la ronde.
C'est sur cette base que Bertrand Debiossac retient ses clients, ces derniers découvrent alors une région sur plusieurs jours alors qu'ils pensaient avoir vu tout l'Aveyron en une seule journée.